· Les ombres claires | Je me souviens des marrons que nous transformions... href="http://ombresclaires.tumblr.com/rss" />

Les ombres claires

Je me souviens des marrons que nous transformions en bonhommes avec des bras et des jambes en allumettes, des fous-rires quand on bravait l’interdit tous les deux, des réunions secrètes pendant lesquelles on peaufinait les scénarios de nos mensonges qui auraient résisté même aux interrogatoires de la Gestapo et de la peur au ventre quand on étaient découverts main dans la main devant notre larcin.  

- Tu me tirais les cheveux ? 
- Je découpais tes lacets.
- Tu lisais mon journal intime ?
- J’effaçais tes rédactions écrites au stylo plume.
- Je te faisais chanter quand je te grillais en train de sécher les cours ?
- Tu vendais mes soutien-gorges au collège. 

On s’est fait le pires coups, mais jamais on aurait vendu l’autre. 
Punis à deux, à genoux, les mains dans la nuque pendant des heures plutôt que de dénoncer. 
Unis pour le meilleur et le pire du meilleur. 
Plus souvent debout devant les tombes qu’assis à la table familiale, nous sommes Fratrie de placenta mais pas seulement. J’adore te détester. 
Tu détestes m’adorer. 

Je ne sais pas où tu es. Et si je ne le sais pas c’est que tu ne le souhaites pas. Disparais, c’est un droit, c’est inscrit dans la loi. 

Je sais que tu vas bien. Je ne sais pas comment, par la Force du Jeu de l’Oie ou par le Pouvoir de la Marelle, mais le message est passé. Alors, roule petit frère, je te couv(r)e. Mais ne reviens plus jamais. J’ai fermé la porte à clé.

Je me souviens des marrons que nous transformions en bonhommes avec des bras et des jambes en allumettes, des fous-rires quand on bravait l’interdit tous les deux, des réunions secrètes pendant lesquelles on peaufinait les scénarios de nos mensonges qui auraient résisté même aux interrogatoires de la Gestapo et de la peur au ventre quand on étaient découverts main dans la main devant notre larcin.

- Tu me tirais les cheveux ?
- Je découpais tes lacets.
- Tu lisais mon journal intime ?
- J’effaçais tes rédactions écrites au stylo plume.
- Je te faisais chanter quand je te grillais en train de sécher les cours ?
- Tu vendais mes soutien-gorges au collège.

On s’est fait le pires coups, mais jamais on aurait vendu l’autre.
Punis à deux, à genoux, les mains dans la nuque pendant des heures plutôt que de dénoncer.
Unis pour le meilleur et le pire du meilleur.
Plus souvent debout devant les tombes qu’assis à la table familiale, nous sommes Fratrie de placenta mais pas seulement. J’adore te détester.
Tu détestes m’adorer.

Je ne sais pas où tu es. Et si je ne le sais pas c’est que tu ne le souhaites pas. Disparais, c’est un droit, c’est inscrit dans la loi.

Je sais que tu vas bien. Je ne sais pas comment, par la Force du Jeu de l’Oie ou par le Pouvoir de la Marelle, mais le message est passé. Alors, roule petit frère, je te couv(r)e. Mais ne reviens plus jamais. J’ai fermé la porte à clé.

  1. toutafait a reblogué ce billet depuis ombresclaires
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