
Je tombe sur cette phrase :
« La vie n’est qu’une longue perte de tout ce qu’on aime »
L’homme qui rit - Victor Hugo
Je passe à autre chose. J’ai envie de trucs plus légers à lire. Mais quand même, ça me travaille.
Si je perds, c’est que j’ai possédé… aimé ou détesté. Oui, les choses, les gens, les relations ont une durée de vie, une date limite de consommation, comme ce que j’achète pour remplir mon réfrigérateur en somme.
Je pense que ce qui me chagrine le plus, c’est comment j’ai perdu. L’au-revoir en quelque sorte. Il n’y a rien de plus triste qu’un au-revoir raté. Ou l’absence d’au-revoir qui peut rassurer certains mais qui personnellement me pétrifie.
Voilà, je pense que je me sens plus dépossédée de la fin quand elle n’est pas à la hauteur de ce que je pense avoir vécu que de la chose elle-même (j’entends par « chose » la personne, la relation, le moment…).
Une blague, un film, un livre, une histoire d’amour, une amitié, un job… de tout j’attends une chute digne du reste. Sinon je reste sur ma « fin ».
Ça me gâche tout ce que j’ai aimé, ça fait mentir mes mots, mes gestes, ça nie ma vérité, ça me nie moi. Je trouve cela insupportable.
Je veux tomber. On peut tomber sans se faire mal. Je veux tomber en douceur, redescendre lentement.
Ça demande du courage. Ça implique de regarder derrière, de faire un genre de bilan, puis de se regarder en face avec cette nouvelle donne, ce nouveau bagage pour pouvoir repartir.
Je ne veux pas rester posée là, sur le rebord de la fenêtre, comme un pigeon qui attend que le passant qui passe laisse tomber une miette de son sandwich.
Courage, tombons.
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